Présentation

Boucle d oreilleAyant entendu parler des diamants trouvés loin des cours d'eau et achetés par Van Niekerk, William Anderson, arrivé en 1867 pour prospecter l'or, fut pris par la fièvre du diamant. Il visita les travaux des prospecteurs et se rendit à la ferme de Dorstfontein, propriété d'Adrien  J. Van Wyk, qui la tenait d'Abraham Du Toit. Il observa en septembre 1870 des diamants bruts pris dans les murs d'une cabane construite avec la boue de la mare. Van Wyk ne lui donna pas la permission de fouiller. 


Ce ne fut pas le cas de son voisin Cornelius Du Plooy, à la ferme de Bultfontein, où il trouva aussi du diamant dans la boue de la mare. Anderson conçut le projet d'exploiter avec des amis les deux gisements, distants d'environ 1 km. Mais ils furent trop bavards et ce fut la ruée...


Toute la végétation fut arrachée, et toute culture compromise. Van Wyk et Du Ploooy durent, dès la fin de 1870, vendre leurs terrains pour 2000 et 2600 livres à ... Martin Lilienfeld. Une loi du gouvernement de Bloemfontein institua les concessions publiques et diverses taxes priva dès 1871 de tout droit de fouille, les gîtes devenus Dutoitspan (la mare de Du Toit) et Bultfontein. 


Cependant, à 3,5km de là, les frères De Beers, qui avaient acheté la ferme Voofuitzicht 50 livres en 1860, permettaient à un prospecteur solitaire, Corneilsa, de fouiller leur mare sous réserve de leur laisser 25% de ses trouvailles. Corneilsa eut la naïveté d'introduire en mai 1871 Richard Jackson auprès des De Beers. Celui ci invita quelques amis prospecteurs sur le Vaal à le suivre vers ce nouveau gisement. Mais leur départ fut remarqué, et ils n'arrivèrent qu'avec une centaine de mètres d'avance sur leurs poursuivants pour délimiter leurs concessions.


Corneilsa prit peur et vendit sa concession pour 110 livres, Jackson choisit malheureusement des concessions hors de la cheminée Kimberlitique et il ne lui resta que sa pelle et sa pioche. En octobre 1871, les frères De Beers vendirent leur ferme 6300 livres à un syndicat de prospecteurs et clamèrent partout qu'ils avaient été abusés. 


Le syndicat revendit le terrain au gouvernement pour 100 000 livres. Quanà à la mare, elle a produit depuis pour quelque 600 millions de livres de diamants...


... découvrez la suite de cette histoire dès le prochain billet.
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Mardi 28 août 2007
Bague perle d'Australie, or blanc et diamantsPendant ce temps, le prix des diamants chutait des deux tiers, reprenant son ancien niveau du XVIIIe siècle, car, par suite de l'affrontement franco-allemand, le marché de Paris, s'était fermé.


En juillet 1870, un conducteur de chariots, Julius Bam, trouva un diamant sur la ferme de Koffiefontein. Les amis qu'il rassembla pour exploiter le site furent discrets, aussi travaillèrent-ils en paix. Il apparut bientôt que c'était la première cheminée (pipe) diamantifère, d'un diamètre de 350m environ. La profondeur de l'excavation était telle que en 1874, Julius Bam installa une exhaure mue par un cheval. Les droits furent vendus en 1891 à Alfred Mosely, qui forma une compagnie d'exploitation et trouva la même année un diamant et 136 carats.


En août 1870, De Kerk, contremaître à Jagersfontain, avait visité les prospecteurs du Vaal. Il était bien décidé à tenter sa chance dans le ruisseau à sec pendant l'été, celui qui traversait sa ferme. Il trouva un diamant de 50 carats. Peu de prospecteurs se joignirent à lui, car Miss Visser louait 2 livres par mois (somme assez élevée) les concessions (10x10m environ) qu'elle accordait.


Dès 1878, il apparut que Jagersfontein était aussi une cheminée volcanique de 250x350m. A cet endroit, le 30 juin 1893, peu avant minuit, un travailleur indigène apporta au directeur de la mine le diamant de 995,2 carats (199,04g; 6.5x5x2.5cm) qu'il avait trouvé dans la journée sur un tas de graviers qu'il chargeait dans un camion. De grande qualité, ce diamant, le plus gros extrait  jusqu'alors (actuellement le plus gros diamant jamais trouvé au monde), fut nommé Excelsior et valut à son inventeur 500 livres, un cheval et son équipement, et l'autorisation de résilier son contrat.


Ce diamant ne fut vendu, en lot avec le Reitz de 650,8 carats trouvé fin 1895 à Jagersfontein, que 25 000 livres en mai 1896, une excellente affaire pour l'acheteur, Herrman Hirsche. La taille de l'Excelsior en 1903 fut un véritable massacre. Il en résultat 21 pierres de 70 à 1 carats (dont une poire de 69,68 carats) donnant en tout 373,75 carats, soit un rendement en masse de 37%.


Le Reitz au contraire, fut taillé en 1896 en un coussin de 245,35 carats, le Jubilee, qui fut estimé 7 000 000 de francs lors de l'exposition universelle de Paris en 1900. Un puits de 310m fut foré en 1910 afin de poursuivre l'exploitation de cette cheminée par galeries souterraines ; Koffiefontein et Jagersfontein restèrent en dehors des territoires soumis à la loi de 1871 sur les concessions.


Prochain article : La naissance de Kimberley et la formation du groupe De Beers
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Lundi 20 août 2007
Pendentif or blanc, diamants et perles des mers du sudSuite...

James Wykeham, sheriff adjoint de Hopetown, en offrit 11 000 livres. Assisté de Louis Hond, Lilienfeld frères offrit 100 livres supplémentaires. Louis Hond persuada Van Nierkerk que Wykeham ne pourrait pas réunir 11 000 livres et le convainquit d'accepter sa nouvelle offre de 11 200 livres. 


Avant d'être envoyée à Londres, où elle fut vendue à la comtesse de Dudley pour les 25 000 livres espérées par Louis Hond, la pierre fut exposée le 2 juin 1869 à la Bourse du Commerce du Cap, où le secrétaire colonial aurait dit : "Ce diamant, messieurs, est la pierre sur laquelle sera bâtie la future prospérité de l'Afrique du Sud. "Taillée, elle deviendra la brillant ovale de 47,69 carats nommé par Richard Southey Etoile d'Afrique du Sud, vendu à Genève le 2 mai 1974 chez Christie's pour 552 000 dollars (225 000 livres).


En relatant cette découverte, le journaliste du Colesberg Advertiser écrivait : "Je me demande ce que dirait l'ami Gregory s'il était là", et il signalait la découverte d'un autre diamant de 7,25 carats. L'origine des pierres ne faisait plus de doute, Harry Emmanuel se déplaça en personne, et ce fut la ruée...


Du monde entier, des milliers d'aventuriers, qui laissèrent bientôt pousser leurs favoris pour se protéger la figure du soleil, envahirent le pays, d'abord loin des rivières, car Booi avait trouvé l'Etoile d'Afrique du Sud dans les terres. Puis ils se rapprochèrent des cours d'eau. Les fermiers vendaient le droit de fouille. Des transporteurs proposaient un voyage plus rapide. Hopetown (ville de l'espoir), au nom prédestiné, devint une ville agitée. Des rixes opposaient prospecteurs et fermiers. Des concessions stériles étaient "salées" de quelques diamants pour être revendues à prix élevé. Chacun était armé... 


Une Digger's Republic (République des prospecteurs) fut créée en réaction à une mainmise des gouvernements Transvaal et de l'Etat libre d'Orange sur les champs diamantifères. Elle maintint un ordre relatif, puis disparut et, en octobre 1871, cette région, le Griqualand, devint colonie de la Couronne Britannique.


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Lundi 13 août 2007
Parure bijoux perles de Tahiti, or, diamants et saphirs... La pierre fut encore montrée au consul français, Héritte, considéré comme un expert en diamants, puis un diamantaire hollandais, Louis Hond, avant d'être achetée 500 livres à John O'Reilly (Schalk Van Nierkerk en reçut 250 livres dont il donna une part aux Jacobs). 


Nommé Euréka, le diamant fut exposé brut à l'Exposition de 1867 de Paris (Bijoux et pierres précieuses), où il ne sucita que suspicion quant à sa nature réelle ou quant à sa provenance. Il fut ultérieurement taillé en un ovale de 10,73 carats, actuellement propriété du Parlement sud africain, à qui la société De Beers, l'offrit en avril 1967. L'Euréka est exposé au musée de Kimberley depuis octobre 1983.


En décembre 1868, au retour d'une exploration mandatée par le diamantaire londonien Harry Emmanuel, un géologue anglais, James R. Gregory, écrivait dans le Geological Magazine : "J'ai examiné attentivement et longuement la région où des diamants auraient été trouvés, mais je n'ai observé aucun indice permettant de supposer la présence de diamants ou d'alluvions diamantifères en aucun endroit. Le caractère géologique de cette partie du pays rend impossible qu'il y ait eu réellement une découverte. La découverte de diamants en Afrique du Sud est une imposture". 


De fait, en dépit des assurances du Dr Atherstone ("Là où ce diamant a été trouvé, d'autres doivent aussi se trouver"), Lorenzo Boges et T.B. Kisch fouillèrent en vain le confleunt du Vaal et de l'Orange...


Mais, en mars 1869, un berger hottentot, Booi, qui cherchait du travail, ramassa un diamant brut de 83,5 carats sur la ferme Zandfontein et chercha veinement à l'échanger pour prix d'une nuitée. Il fut finalement envoyé chez Van Niekerk, qui reconnut immédiatement ce caillou comme un diamant et l'échangea contre un cheval, 10 boeufs et 500 moutons (soit environ 150 livres). 

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Lundi 6 août 2007

Pendentif diamant, perle de tahiti, or blancIl est possible que les premiers diamants africains aient été trouvés sur les bords de la rivière Vaal par des autochtones christianisés par des pasteurs berlinois. Le journal de leur établissement à Pniel signale l'achat d'un diamant de 5 carats découvert en 1859 près de Platberg.


Toutefois, c'est seulement en 1866 que l'attention de Schalk Van Nierk, marchand et fermier, collectionneur de "pierres bizarres", fut attirée par un caillou avec lequel jouaient les enfants de son locataire. Daniel Jacobs, alors âgé de 15 ans, avait été envoyé avec un berger hottentot, Klondie, tailler un arbre au bord de la rivière Orange pour en faire une canne. Klondie ayant remarqué un caillou brillant le ramassa, le donna à Erasmus, qui l'offrit à sa plus jeune soeur.


Apercevant la pierre sur le bord d'une fenêtre, Van Nierk l'examina, et ses souvenirs livresques lui suggérèrent que c'était peut être un diamant. Il fit un test de rayure sur une vitre (exposée maintenant au musée de Colesberg) et offrit à Mme Jacobs d'acheter ce caillou. Celle ci ne voulant pas faire payer un vulgaire caillou le lui donna pour compléter sa collection.


Deux marchands allemands, Gustave et Martin Lilien feld, et un jeune Anglais James Wykham, confirmèrent Van Niekerk dans son idée, aussi ce dernier demanda à un marchand d'Ivoire, de peaux et de plumes d'autruche, John O' Reilly, de l'apporter au commissaire adjoint de Colesberg.


Celui ci, Lorenzo Boges, montra la pierre au pharmacien, T. B. Kisch qui la prit pour une topaze, mais l'envoya à un minéralogiste amateur fort compétent, le Dr Atherstone, de Grahamstown, qui détermina la densité, fit un test de dureté en inscrivant ses initiales sur une vitre du presbytère catholique, la montra aux bijoutiers de la ville, qui l'éprouvèrent de leurs limes. Alors convaincu qu'il s'agissait d'un diamant de 21 1/4 carats, d'une valeur de 800 livres, il demanda l'autorisation de l'envoyer au secrétaire colonial du Cap, Richard Southey.... (à suivre)

 

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Mercredi 1 août 2007
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