Il ne suffit pas à une gemme d'être noble pour être utilisée en joaillerie, artisanat artistique qui doit pouvoir répondre à la demande concernant la parure de bijoux. Une gemme ne saurait être couramment utilisée que si elle est suffisamment abondante.
Cependant, une gemme trop abondante (cristal de roche, grenat, almandin...) risque alors de n'être que très peu appréciée (lors de la conquête des Amériques, l'émeraude devint momentanément presque commune. Une gemme trop rare (bénitoïte, brazilianite...) devient une gemme de collection car elle ne peut alimenter régulièrement les artisans joailliers. Des gemmes autrefois assez rares et donc coûteuses, ont pu devenir assez courantes à la suite de la découverte de gisements importants: Brésil et Uruguay pour l'améthyste. Les gemmes très utilisées et dont les noms sont familiers du grand public ne sont pas des gemmes rares (la production annuelle en diamant de joaillerie taillés est de l'ordre de quelques dizaines de tonnes; les saphirs s'exploitent en Australie par quintaux sans toutefois être facile à rencontrer.
Résistance à l'abrasion:
Au contraire des évaluation statiques de dureté, les estimations dynamiques de dureté intéressent particulièrement le lapidaire, pour qui la résistance à l'abrasion de la meule est une donnée essentielle.
Quantitativement, la dureté d'une gemme sera donc d'autant plus grande qu'elle s'use moins vite. Il résulte des expériences ainsi faites selon la méthode du physicien Rosival que la succession des minéraux est sensiblement identique à celle obtenue par la méthode de Mohs. En prenant comme dureté de référence celle du corindon, notée 1000, la topaze devient alors 175 et le quartz 120, etc... ce qui revient à dire que la topaze est 5,7 fois moins dure que le corindon, et 1.5 fois plus dure que le quartz: quant au diamant, il est ainsi estimé entre 100 et 150 fois plus dur que le corindon.
Il suffit au lapidaire expérimenté de faire une simple touche sur sa meule, juste perceptible à la loupe, pour estimer la résistance à l'usure et la cohésion d'un minéral ou d'une roche (cette touche lui permet aussi de déterminer si l'échantillon testé graisse ou non la meule).
Résistance à la rayure:
La dureté microscopique (macrodureté) d'une gemme est jugée par son aptitude à résister à la rayure. Pour faire une comparaison entre deux gemmes, il suffit des les frotter l'une contre l'autre. Elles sont de même dureté si elles se rayent l'une contre l'autre. Il est donc possible de classer qualitativement toutes les gemmes par duretés croissantes. Pour des raisons de commodité, dix minéraux ont été choisis comme références par le minéralogiste allemant Friedrich Mohs et adoptés depuis internationalement; ces minéraux numérotés de 1 à 10, constituent l'échelle qualitative de dureté ou échelle de Mohs:
Diamant (10), rayé uniquement par lui même, corindon (9), topaze (8), quartz (7), othose (6), apatite (5), fluorite (4), calcite (3), gypse (2), talc (1), rayé par tous les minéraux mais n'en rayant aucun.
Un minéral ou une roche doit pouvoir résister à la corrosion, qu'elle soit le fait de liquides ou de solides. Ainsi, malgré sa limpidité et les vives couleurs bleues ou rouges qu'il présente parfois, le sel gemme, soluble dans l'eau, n'est en aucun cas une gemme, au sens gemmologique du terme.
Une pierre précieuse, fine ou ornementale, est une pierre "noble" au sens médiéval du terme: elle résiste à tous les agents usuels d'altération (acide gras, acides et bases domestiques, chocs légers, rayures...)